Patrimoine naturel
Les espaces naturels autour de l’ÎLE DE LA PLATIÈRE
Natura 2000 Réserve Naturelle de l'île de la Platière Especes Naturels Sensibles

La flore

Une flore riche

Avec plus de 700 espèces de végétaux supérieurs, la plaine alluviale abrite près de 15% de la flore française. La flore bryophytique (les mousses) présentent également une richesse importante : l’inventaire conduit en 2009 a permis de détecter 158 taxons.

Cette richesse importante s’explique par la mosaïque de milieux déterminée principalement par le gradient d’humidité : Milieux aquatiques, en eau courante ou stagnante du fleuve et de ses bras secondaires ou morts ; Milieux amphibies des berges, où les plantes ont souvent les pieds dans l’eau du fait des fluctuations de niveau d’eau ; Milieux terrestres plus ou moins humides, en relation avec la nappe phréatique et la fréquence d’inondation ; Milieux terrestres secs mais occasionnellement inondables des dépôts d’alluvions filtrantes (gravier, sable).

A ce gradient d’humidité s’ajoutent deux autres facteurs d’hétérogénéité :
- l’ancienneté des milieux hérités des déplacements du lit du Rhône : ainsi, l’île de la Platière est récente ; elle s’est construite par des dépôts d’alluvions au cours du 18° et 19° siècle, certaines parties datant même du milieu du 20° siècle. A l’inverse le méandre des Oves est plus ancien puisque ce cours du Rhône a été abandonné vers 1750. A chaque crue, malgré les aménagements, des alluvions sont emportées ici pour être déposées ailleurs, créant autant de milieux neufs rapidement colonisés par des végétaux pionniers.
- le côté boisé ou non du fait des pratiques agro-pastorales ou des conditions très humides ou très sèches qui limitent le développement du boisement. Ainsi des prairies et des cultures côtoient les boisements.

Une flore originale

Les communautés végétales de la plaine comptent des espèces particulières que l’on ne trouve que dans les corridors alluviaux.

Ainsi, l’orme lisse est un arbre strictement inféodé aux boisements alluviaux inondables et la violette élevée ne se rencontre que dans les prairies inondables. De nombreuses plantes, moins rares sont également typiquement fluviales (Vélar fausse giroflée (Erysimum cheiranthoides), par exemple). Au-delà de ces espèces particulières, la contrainte apportée par les inondations régulières façonne des assemblages d’espèces originaux : ainsi, dans les boisements alluviaux certaines espèces d’arbres, comme le hêtre ou le charme qui apprécient pourtant les sols riches et bien alimentés en eau, ne peuvent s’installer du fait de cette contrainte. L’absence de ces arbres très ombrageants, explique l’ambiance assez lumineuse de la forêt alluviale qui permet la coexistence d’un nombre important de végétaux ligneux incluant les grandes lianes.

Des espèces rares et protégées

Parmi les végétaux supérieurs 15 espèces bénéficient d’une protection nationale ou régionale : Petite et grande naïades (Najas minor et N. marina), mors de grenouille (Hydrocharis morsus ranae) et petit rubanier (Sparganium emersum) dans les espaces aquatiques ; Jonc fleuri (Butomus umbellatus), Euphorbe des marais (Euphorbia palustris), isnardie des marais (Ludwigia palustris), Renoucule scélérate (Ranunculus sceleratus), Seneçon des marais (Senecio paludosus) dans les milieux humides amphibies

Laîche à épi noir (Carex melanostachya), Inule des fleuves (Inula britannica), pâturin des marais (Poa palustris) au niveau des grèves fréquemment inondables

Fougère langue de serpent (Ophioglossum vulgatum), Orchis odoarant (Anacampti coriophora ssp fragans) et violette élevée (Viola elatior) dans les prairies alluviales

Les boisements alluviaux abrite des vignes "sauvages" dont certains pieds pourraient être Vitis vinifera ssp sylvestris

Au delà de ces espèces protégées, plus de 50 espèces de végétaux supérieurs et 9 espèces de mousses présentent un fort enjeu patrimonial