Espaces protégés
Les espaces naturels autour de l’ÎLE DE LA PLATIÈRE
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DES TRAVAUX EXCEPTIONNELS : Depuis 2014, les engins de travaux publics ont pris position sur cinq sites du vieux Rhône...

Si des travaux analogues ont déjà eu lieu chaque année depuis 2012, l’ampleur des travaux de restauration engagés cet hiver est sans précédent. Ces travaux sont réalisés sous la maîtrise d’ouvrage de la Compagnie Nationale du Rhône et co-financés par l’Agence de l’eau, la Région Rhône Alpes et le SMIRCLAID dans le cadre du plan Rhône. Ils ont fait l’objet d’une autorisation au titre de trois aspects différents : loi sur l’eau, travaux en réserve naturelle, atteinte à des espèces protégées (amphibiens et flore). L’association apporte un appui technique depuis la phase de conception des projets et d’instruction administrative jusqu’à la période de travaux. L’objectif général de ces travaux est de restaurer un réseau diversifié de lônes, dont le nombre et la diversité ont fortement diminué au cours du 20° siècle.


Cinq sites sont concernés :

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Localisation des sites restaurés

Lône Bugnon (communes de Péage de Roussillon et St Pierre de Bœuf )

L’objectif est de restauré une lône alimentée par l’eau souterraine, présentant à la fois des parties en eau permanentes et temporaires, sans connexion permanente avec le Rhône.

la lône Bugnon après le déboisage
la lône Bugnon après le déboisage
Les souches sont enlevées
Les souches sont enlevées
Les pelles reculent les berges
Les pelles reculent les berges
Des mares sont créés au fond de la lône Bugnon
Des mares sont créés au fond de la lône Bugnon

Casiers de Serrières rive gauche (communes de Salaise/sanne et Sablons)

L’objectif est de permettre au fleuve de remettre en mouvement les alluvions qui ont été piégés dans les casiers et épis du 19° siècle, qui sont supprimés dans le cadre de ce chantier. Ainsi ces alluvions pourront reprendre leur transit et des milieux neufs pourront retrouver une place. Ce chantier expérimental vise également à améliorer la capacité d’écoulement des crues, contribuant ainsi à limiter les niveaux d’inondation.

Chantier de démontage des digues des casiers de Serrières
Chantier de démontage des digues des casiers de Serrières
Le godet cribleur permet d’extraire les gros blocs de la digues : les éleménts fins et les graviers sont laissés sur place
Le godet cribleur permet d’extraire les gros blocs de la digues : les éleménts fins et les graviers sont laissés sur place
Ancien emplacement d’une digue
Ancien emplacement d’une digue

Lône et casiers de la Boussarde (commune de Serrières)

Sur ce site également, les casiers du 19° siècle sont modifiés de manière à rétablir un écoulement permanent dans cette lône et favoriser son auto-curage lors des crues.

Les blogs des digues des casiers de la Boussarde sont extraits depuis un ponton flottant
Les blogs des digues des casiers de la Boussarde sont extraits depuis un ponton flottant
Création des brèches dans les digues des casiers
Création des brèches dans les digues des casiers
Transport des blocs des digues sur le vieux Rhône
Transport des blocs des digues sur le vieux Rhône
Brèche dans la digue depuis la lône de la Boussarde
Brèche dans la digue depuis la lône de la Boussarde

Ancien lit du Dolon (commune de Sablons)

Cet ancien cours, très envasé, est entièrement curé et sa connexion avec le Rhône est améliorée en aménageant un point bas sur la piste le séparant du fleuve. L’eau, bien que stagnante, y sera plus rapidement renouvelée. Un haut fond est maintenu afin de favoriser le développement d’une roselière et trois mares forestières ont été créées.

L’ancien Dolon après le curage
L’ancien Dolon après le curage
Une mare forestière restaurée
Une mare forestière restaurée

Lône du Prieuré

Un bras secondaire mêlant partie temporaire (à l’amont) et permanente (à l’aval) est restauré. Il bénéficiera à la fois d’apport d’eau souterraine (à l’étiage) et d’eau du Rhône du fait de sa connexion permanente à l’amont et à l’aval.

La lône du Prieuré après restauration
La lône du Prieuré après restauration

Sur ces 5 sites, les travaux ont débuté en septembre 2014 et seront achevés en mars 2015. Cette période d’intervention est retenue pour minimiser l’impact sur la faune et la flore. Des actions de re-végatilisation vont être conduite au printemps 2015 de manière à limiter le développement des espèces végétales invasives et accélérer la cicatrisation du milieu.


Quatre sites ont été restaurés au cours des années précédentes :

Entonnement de la lône de la Platière (2014) (Commune de Péage de Roussillon)

La lône de la platière est séparée du Rhône à l’amont par une digue du 19°, remaniée à plusieurs reprises par la suite d’où son appellation de digue neuve. A l’arrière de cette digue, un bouchon alluvial s’est progressivement constitué, arrivant au cours de la dernière décennie a être à un niveau supérieur à celui de la digue. De ce fait les entrées d’eau dans cette lône lors des crues était de moins en moins importantes. Les travaux réalisés au cours de l’hiver 2013/2014 ont consisté en l’aménagement de 4 points bas dans la digue et à l’esquisse de chenaux de crue dans le bouchon alluvial de manière à augmenter la fréquence d’alimentation de cette lône par le Rhône et favoriser la mobilité des alluvions du bouchon. Le résultat attendu est un renforcement du caractère de bras secondaire de cette lône. Ainsi les communautés typiques et remarquables qu’elle abrite (herbier de renoncule, cortège de libellules typique du fleuve, rôle de frayère et nurserie pour de nombreuses espèces de poissons,...) devraient être favorisées.

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Création des brèches dans la digue neuve
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Les 4 brèches dans la digue neuve

Lônes du Noyer Nord (2004) et Sud (2012) (commune de Salaise/Sanne)

L’objectif était de retrouver deux lônes courantes à écoulement vif, connectées à l’amont et à l’aval avec la lône de la Platière de manière à étendre les secteurs favorables aux communautés typiques des bras secondaires courants.

Lône de L’Ilon (2014) (Commune de Sablons)

L’objectif est de retrouvé une lône alimentée par l’eau souterraine, présentant une succession de mares permanentes à l’aval et temporaires à l’amont, telle qu’elle se présentait il y a quelques dizaines d’années.

L’ensemble de ces sites représente un linéaire de 6 km où des habitats aquatiques ou humides sont restaurés et viennent remplacés des habitats terrestres de faible intérêt. Des états initiaux avant travaux ont été réalisés sur chaque site et un suivi post travaux sera conduit pendant plusieurs années par les équipes scientifiques associées au plan Rhône et par l’association. L’expérience des premiers sites restaurés montre qu’après la phase travaux, qui constitue indéniablement une forte perturbation, la nature reprend vite ses droits. Dès le printemps suivant, les traces des travaux s’estompent et en quelques années bien malin qui peut encore les déceler.


L’AUGMENTATION DES DEBITS RESERVES : Au 1er janvier 2014, les débits réservés (c’est-à-dire les débits minimum règlementaires) au niveau du barrage de Saint Pierre de Bœuf ont été augmentés...

Jusqu’à cette année, les débits réservés variaient entre 10 et 20 m3/seconde selon les saisons. Dorénavant, ils vont varier entre 50 m3/s entre septembre et février et 125 m3/s pour la période d’avril à juin. Le niveau d’eau du vieux Rhône va donc augmenter, avec des modifications sur les milieux naturels.

Un état des lieux a été réalisée sur les bords du Rhône avant l’augmentation des débits. Cette étude sera renouvelée pour évaluer les changements des milieux naturels avec l’augmentation du niveau d’eau.

Détails des débits réservés : 50 m3/s du 16 septembre au 14 février, 75 m3/s du 15 février au 29 février, 109 m3/s du 1er mars au 15 avril, 125 m3/s du 16 avril au 15 juin, 109 m3/s du 16 juin au 30 juin, 75 m3/s du 1er juillet au 15 septembre.

Les premières observations

L’association mesure chaque mois les niveaux d’eau de surface, de la nappe phréatique (piézométrie) et effectue des photographies sur différents lieux.

Arcoules 23/12/2013
Arcoules 23/12/2013
Arcoules 31/03/2014
Arcoules 31/03/2014
Arcoules 23/12/2013
Arcoules 23/12/2013
Arcoules 31/03/2014
Arcoules 31/03/2014
Serrières 23/12/2013
Serrières 23/12/2013
Serrières 31/03/2014
Serrières 31/03/2014
Site de l’ancien bac à traille
Site de l’ancien bac à traille
Côté méandre des Oves 23/12/2013
Site de l’ancien bac à traille
Site de l’ancien bac à traille
Côté méandre des Oves 31/03/2014

Le suivi des eaux de surface

Le graphique ci dessous présente l’évolution de la ligne d’eau du vieux Rhône pour quelques dates sur les derniers mois. Les points d’observation sur le vieux Rhône sont repérés par le "point kilométrique" (PK) où ils se trouvent : PK 53 : aval du plan d’eau de St Pierre de Boeuf PK 54 : Traille d’Arcoules PK 56 : Limony PK 58,5 : Serrières PK 61 : aval du seuil de Peyraud

Les courbes en rouge et rose correspondent à l’ancien débit réservé (10 ou 20 m3/s). La courbe jaune correspond au nouveau débit réservé à 50 m3/s. Les courbes bleues correspondent au nouveau débit réservé à 109 m3/s. La courbe verte correspond à une situation de transition entre 109 et 125 m3/s.

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Graphique des lignes d’eau suite à l’augmentation des débits
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Le relèvement de la ligne d’eau est maximum à l’amont (de l’ordre de 1 m au niveau de St Pierre de Boeuf) et minimale à Serrières (de l’ordre de 30 cm) du fait de l’influence du seuil. A l’aval du seuil, le niveau d’eau est surtout déterminé par la retenue du barrage de St Vallier.

Le suivi de la nappe phréatique

La carte ci-dessous présente une estimation de l’augmentation du niveau d’eau enregistrée entre une période où le débit réservé est de 10 m3/s (fin décembre 2013) et une autre où ce débit est passé à 109 m3/s (relevés du 21 mars et 9 avril 2014). Ce changement de débit réservé se traduit par une élévation généralisée du niveau de la nappe phréatique dans la plaine alluviale : de 30 à 40 cm dans la plaine de Sablons, à plus de 70 cm sur le Nord de la plaine de Limony et la bordure du vieux Rhône dans sa partie amont. Ce gain piézométrique significatif renforce le caractère humide des boisements en bordure des cours d’eau et contribue à l’alimentation en eau des lônes.

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carte des gains piézométrique dans la plaine suite à l’augmentation des débits
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